Le Brésil à l’heure du choix : Lula face à Bolsonaro

À une semaine de l'élection présidentielle au Brésil, la course entre le président Luiz Inácio Lula da Silva et son adversaire Flávio Bolsonaro s'intensifie. Lula défend une nouvelle stratégie contre le crime organisé ainsi que son interdiction des paris en ligne, tandis que Bolsonaro le défie à un premier débat télévisé en face-à-face jeudi. Alors que quelque 160 millions d'électeurs se rendront aux urnes le 4 octobre, la première économie d'Amérique latine fait face à un choix profondément polarisé.
Photo à gauche : Ricardo Stuckert. Photo à droite : Carlos Moura/Agência Senado

À une semaine de l’élection présidentielle, l’affrontement entre le président Luiz Inácio Lula da Silva et son principal adversaire, Flávio Bolsonaro, s’intensifie au Brésil. La politique de sécurité, l’interdiction des paris en ligne et un éventuel débat télévisé en face-à-face dominent les derniers jours avant le scrutin.

BRASÍLIA – Le Brésil est entré dans la semaine décisive précédant l’élection présidentielle. Dimanche prochain, le 4 octobre, les Brésiliens éliront leur président. Au centre de la dernière ligne droite se trouvent le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, du Parti des travailleurs (PT), et le sénateur Flávio Bolsonaro, du PL, parti de droite, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.

Les deux candidats ont profité du week-end pour durcir leurs messages politiques et mobiliser leurs partisans. Tandis que Bolsonaro participait dimanche à des événements de campagne et annonçait sa participation au dernier grand débat télévisé, Lula a accordé une longue interview à la chaîne brésilienne Band. Le président y a notamment mis en avant ses projets de lutte contre le crime organisé et sa décision de mettre fin au secteur des paris en ligne.

L’élection a une portée qui dépasse largement le Brésil. Le pays est la première économie d’Amérique latine et, avec environ 160 millions d’électeurs inscrits, la plus grande démocratie de la région. Lundi, l’agence de presse AFP a décrit le scrutin comme une compétition fortement polarisée entre Lula et Bolsonaro. Selon elle, de nombreux électeurs ne se sont pas encore définitivement décidés après une campagne marquée par des affaires politiques.

Lula, aujourd’hui âgé de 80 ans, brigue un nouveau mandat. Son adversaire tente quant à lui de ramener le mouvement politique de son père à la présidence. Deux camps politiques qui façonnent la vie politique brésilienne depuis des années s’opposent ainsi.

La sécurité devient un thème central de la campagne

Dimanche, Lula a clairement mis l’accent sur la sécurité publique. Dans son interview à l’émission « Canal Livre », il a déclaré vouloir, en cas de réélection, transformer en profondeur les structures de lutte contre le crime organisé. Cela inclut, selon lui, la création d’une unité de police spécialisée qui se concentrerait davantage sur les structures économiques et organisationnelles des réseaux criminels. Lula a également réaffirmé son intention de créer un ministère de la Sécurité publique à part entière. Au niveau fédéral, ce domaine relève jusqu’à présent de la compétence du ministère de la Justice.

Le président a fait valoir que l’État devait changer de stratégie face aux organisations criminelles. Au lieu de se concentrer exclusivement sur les membres armés et les structures locales, l’État doit agir davantage contre le financement, le blanchiment d’argent et les sphères dirigeantes de ces organisations. « Nous voulons asphyxier économiquement le crime organisé, car il est devenu une industrie multinationale », a déclaré Lula. Selon lui, les structures criminelles sont désormais présentes notamment dans certaines parties de la justice, de la police, du football, de la politique et de l’économie.

Selon d’autres déclarations publiées dimanche, Lula s’est également prononcé en faveur d’un déploiement permanent des forces de sécurité dans les communes particulièrement touchées par la criminalité. D’anciens membres des forces armées pourraient aussi, selon lui, être recrutés pour une nouvelle structure nationale de sécurité. La sécurité publique occupe ainsi une place de plus en plus centrale dans la campagne, juste avant le scrutin. Lula tente de présenter ses propres propositions dans un domaine qui joue traditionnellement un rôle important dans l’affrontement politique entre la gauche et la droite brésiliennes.

Controverse sur l’interdiction des paris en ligne

Un thème de politique économique et réglementaire polarise toutefois encore davantage en ce moment : les paris en ligne. Dimanche, Lula a défendu sa décision de fermer à nouveau le marché des « bets ». Le président a reconnu que la tentative de régulation par l’État n’avait, selon lui, pas fonctionné. « J’ai décidé d’en finir avec les bets avant qu’ils n’en finissent avec le Brésil », a déclaré Lula dans l’interview. Son gouvernement avait d’abord tenté de réguler le secteur. Faute de résultats satisfaisants, il a opté pour une interdiction.

Une décision réglementaire devient ainsi, à quelques jours de l’élection, l’un des principaux sujets de conflit politique du pays. Le débat ne concerne pas seulement la protection des consommateurs et l’addiction au jeu, mais aussi des intérêts économiques considérables. Au cours des dernières années, les opérateurs de paris ont acquis une forte présence dans le sport brésilien, et en particulier dans le football.

Flávio Bolsonaro a directement attaqué dimanche la décision du président. Le candidat du PL a fait valoir qu’il fallait distinguer les paris sportifs classiques des casinos en ligne. Selon lui, la mesure du gouvernement menace les activités économiques et les recettes publicitaires dans le sport. Bolsonaro a notamment évoqué les contrats de sponsoring des clubs de football brésiliens et la Coupe du monde féminine de football de l’année prochaine.

Deux positions réglementaires différentes s’opposent ainsi. Lula présente l’interdiction comme la réponse de l’État aux conséquences sociales et économiques des jeux d’argent en ligne. Bolsonaro estime au contraire nécessaire une régulation différenciée des différentes formes de paris numériques. Ce différend montre aussi à quel point les décisions de politique économique pèsent sur la phase finale de la campagne. Ce qui n’était au départ qu’une question de régulation est désormais devenu un conflit direct entre les deux principaux candidats à la présidence.

Bolsonaro défie Lula en débat télévisé

La question de savoir si Lula et Bolsonaro s’affronteront pour la première fois directement lors d’un débat télévisé, à quelques jours du scrutin, ajoute à la tension. Dimanche, après un meeting de campagne à Goiânia, Flávio Bolsonaro a confirmé sa participation au débat présidentiel prévu par TV Globo le jeudi 1er octobre. Il a déclaré vouloir y participer même si Lula ne se présente pas.

Jusqu’à présent, les deux candidats se sont tenus à l’écart des débats télévisés communs. Une rencontre jeudi pourrait donc constituer la première confrontation directe entre Lula et Bolsonaro dans cette campagne.

Bolsonaro a assorti son engagement d’une interpellation directe du président. « Je veux y aller pour débattre avec lui », a-t-il déclaré aux journalistes à Goiânia, appelant publiquement Lula à participer. Selon SBT News, Lula n’avait pas encore confirmé sa participation dimanche soir. La législation électorale brésilienne n’oblige pas les candidats à participer aux débats télévisés. La question de la participation de Lula pourrait ainsi devenir elle-même un sujet des derniers jours de campagne. Le débat de Globo a lieu trois jours seulement avant le premier tour et offre aux candidats l’une de leurs dernières occasions de toucher un public télévisé national juste avant le vote.

Deux camps politiques se disputent la mobilisation finale

Les événements du week-end montrent à quel point la campagne se concentre désormais sur l’affrontement direct entre Lula et Bolsonaro. Lundi, l’AFP a décrit un pays profondément divisé, où de nombreux électeurs observent la campagne avec un mélange de lassitude et de mécontentement. Le scrutin s’inscrit en outre dans un contexte régional plus large : le Brésil décide du cap politique que suivra la première économie d’Amérique latine dans les années à venir.

Pour Lula, le défi de ces derniers jours consiste à associer le bilan de son gouvernement à de nouveaux projets politiques. Ses déclarations sur la sécurité publique témoignent d’une volonté d’aller au-delà des thèmes sociaux et économiques traditionnels. Parallèlement, il utilise l’interdiction des paris en ligne pour placer la régulation publique et la protection des consommateurs au premier plan. Flávio Bolsonaro mise au contraire de plus en plus sur la confrontation directe avec le président. Son engagement à participer au débat de Globo et ses critiques de l’interdiction des paris traduisent une stratégie visant à interpeller directement Lula sur les décisions politiques de son gouvernement.

Trois thèmes devraient donc marquer les derniers jours avant le scrutin : la lutte contre le crime organisé, le différend sur l’avenir des paris en ligne et la question de savoir si un débat télévisé direct entre les deux principaux candidats aura encore lieu. Le dimanche 4 octobre, les électeurs brésiliens auront la parole. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue requise des suffrages valablement exprimés au premier tour, la décision ne tombera pas ce week-end. La campagne présidentielle entrerait alors dans une nouvelle phase.

D’ici là, il ne reste à Lula et à Bolsonaro que quelques jours pour mobiliser les électeurs et mettre en avant leurs différences politiques. L’éventuel débat télévisé de jeudi pourrait devenir le dernier grand événement d’une campagne marquée jusqu’à la veille du scrutin par une forte polarisation politique.

Cet article a été traduit à l’aide de l’intelligence artificielle.

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    Christian Nawrocki studied television, print, radio, and online journalism at the Danube University Krems and completed professional news anchor training with Peter Braun and Ulrike Fricke (NDR).

    His journalistic career includes work with Axel Springer in Hamburg and Berlin, Swiss Television in Paris, and the Deutsche Presse-Agentur in London.

    Today, Christian Nawrocki is the publisher of The Transatlantic Ledger, where he combines journalism and international media expertise with a strong focus on transatlantic dialogue from Berlin, Brussels, Paris, Madrid, Washington, and beyond.